CLOU - MAGAZINE

NUMERO 30 - JUIN 2011
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SOMMAIRE

EDITORIAL - RADARS-SURPRISE (Cette page)
LES NEWS : BMW 328 (DOMMAGE !) (Page 2)
LES POUBELLES DE L'HISTOIRE : GENERAL MOTORS EV1 (Page 3)
 

 


EDITORIAL : RADARS - SURPRISE !

Ces dernières semaines, notre bien-aimé gouvernement nous a gratifié d'une sarabande de décisions contradictoires en matière de répression de la vitesse : trois pas en avant, un pas sur le côté, triple salto arrière, reprise de volée et but contre son propre camp !
Bref, beaucoup d'entre vous n'ont rien compris et nous admettons que ce n'est pas simple.
Mais comme d'habitude, le service public étant une seconde nature chez Clou-Magazine, nous allons vous expliquer le pourquoi, le comment, le pour, le contre, le à-côté et le n'importe quoi.

Rappelons aux anciens (et apprenons aux jeunes) qu'il y a à peine quarante ans, le paysage routier se composait de priorités à droite, de platanes sur le bas-côté, de passages à niveau, de nationales à trois voies (dont celle du centre était destinée aux collisions frontales)... et de vitesse libre sur de nombreux tronçons et notamment sur autoroute.

Quand les limites de vitesse furent instituées pour endiguer le carnage routier de l'époque, les forces de l'ordre ne disposaient que de moyens rudimentaires pour mesurer les dépassements.

Tout d'abord, le fameux "barbecue" aux performances capricieuses sur son tripode instable fit son apparition à l'orée des années soixante-dix, et il fallut plus d'une décennie pour que des appareils plus efficaces le remplacent, jusqu'aux jumelles-laser de plus en plus couramment utilisées aujourd'hui.

Tous ces équipements, aussi sophistiqués soient-ils, requièrent une main d'oeuvre qualifiée, chose de plus rare et coûteuse en nos temps de disette budgétaire. C'est la raison pour laquelle les radars automatiques, déjà employés avec succès dans quelques pays voisins, furent appelés en renfort. Ainsi, la chasse aux contrevenants pourrait être assurée en continu, par tous les temps, avec une marge d'erreur réduite.
Cette idée fut reconnue tellement lumineuse, et la méthode ayant fait ses preuves, les boîtes grises se multiplièrent sans limite, jusqu'à devenir une partie intégrante du paysage routier français.

Tout le monde se surprend à freiner plus ou moins brutalement à leur approche, avant de repartir de plus belle ensuite, afin de fluidifier la circulation et de rattraper le temps perdu.
 

Le secret d'un contrôle-radar réussi réside d'abord dans le choix d'un emplacement adéquat.  
Cette habitude bien ancrée après quelques années a entraîné une baisse de rendement des appareils... Ah oui, on a dû oublier de préciser à un moment donné que ces disgracieuses machines génèrent un généreux pactole permettant de financer on ne sait quoi. 

C'est là qu'intervient le génie français : supprimons les panneaux avertisseurs et les boîtiers GPS... Ainsi la surprise sera totale et le freinage brutal interviendra juste devant le radar (Trop tard, la photo est prise !) avec un éventuel petit carton à la clé, à la grande satisfaction du carrossier du quartier. Donc plus de recettes, et soutien de l'économie locale.

Mais les fabricants de panneaux et d'avertisseurs GPS voient du coup s'écrouler leur business, menaçant une croissance déjà fragile. Alors on pense à eux à leur tour : le radar "pédagogique" est lancé, annonçant votre vitesse sans verbaliser, et les GPS sont convertis au "politiquement correct" : ils annoncent les r**** mais sans le dire (par exemple "zone dangereuse" alors que chacun sait qu'on n'a aucune chance de trouver un r**** dans un tel endroit).

Malgré tout, ça crie un peu, alors on décide de ne pas le faire, puis de le faire plus tard, dire qu'on ne le fait pas tout en le faisant quand même, tout en promettant qu'on ne peut pas faire autrement que de ne pas le faire (ou de le faire, suivant les cas de figure), et finalement on le fait (ou pas). Et personne n'est content.

Et il va falloir se faire réélire avec ça... Bon courage, les mecs !

Le cimetière des radars automatiques n'est pas une légende. Nos explorateurs l'ont retrouvé. Laurent Bunnik

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